CONTAGIEUX

de Börje Lindström

spectacle jeune public
(2006 - 2007)

Résumé :

Dans une cité dont tous les habitants arborent un long nez, Luc, un jeune garçon, va vivre une expérience pour le moins traumatisante; une épidémie s’abat sur la ville et lui, que tous ses camarades voulaient dans leurs équipes pour jouer au ballon, lui, qui faisait l’admiration, … perd son nez.

Rejeté par son entourage, notre héros est emporté dans le cauchemar d'un parcours d'exclu semblable à celui de tous les "indésirables" de notre tendre société.

Tour à tour Banni, trahi, exploité, traqué, … Luc va progressivement et inconsciemment mettre à profit sa mésaventure. Contraint à s'extraire de la communauté, il va, par là même, s'en affranchir et découvrir l'ampleur de son esprit libre.

Avec Contagieux, Börje Lindström signe une œuvre théâtrale épique, dans laquelle le “différent” c’est nous, ou quelqu’un à qui on aimerait ressembler.

Plus qu'un plaidoyer contre l'exclusion, cette pièce représente à nos yeux un outil de désaliénation à l'usage des enfants.

Cette réflexion peut être transposée de la génétique à la culture : les civilisations que nous avons sécrétées sont merveilleusement diverses et cette diversité constitue la richesse de chacun de nous. Grâce à une certaine difficulté de communication, cette hétérogénéité des cultures a pu longtemps subsister ; mais, il est clair qu’elle risque de disparaître rapidement. Notre propre civilisation européenne a étonnamment progressé vers l’objectif qu’elle s’était donné : le bien-être matériel. Cette réussite lui donne un pouvoir de diffusion sans précédent, qui aboutit peu à peu à la destruction de toutes les autres : tel a été le sort, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres, des Esquimaux d’Ammassalik, sur la côte du Groenland, dont R. Gessain a décrit la mort culturelle sous la pression de la « civilisation obligatoire ».
            Lorsque l’on constate la qualité des rapports humains, de l’harmonie sociale dans certains groupes que nous appelons « primitifs », on peut se demander si l’alignement sur notre culture ne sera pas une catastrophe ; le prix payé pour l’amélioration du niveau de vie est terriblement élevé, si cette harmonie est remplacée par nos contradictions internes, nos tentions, nos conflits. Est-il encore temps d’éviter le nivellement des cultures ? La richesse à préserver ne vaut-elle pas l’abandon de certains objectifs qui se mesurent en produit national brut ou même en espérance de vie ?
            Poser une telle question est grave ; il est bien difficile, face à cette interrogation, de rester cohérent avec soit même, selon que l’on s’interroge dans le calme douillet de sa bibliothèque ou que l’on partage durant quelques instants la vie d’un de ces groupes qui nous émerveillent, mais où les enfants meurent, faute de nourriture ou de soins.     
            Pourrons-nous préserver la diversité des cultures sans payer un prix exorbitant ? Subi ou souhaité, un changement de l’organisation de notre planète ne peut être évité ; la parole est donc aux « utopistes ». Certains d’entre eux posent le problème en termes inattendus, ainsi Yona Friedman intitulant un de ses livres Comment vivre entre les autres sans être chef et sans être esclave. Même lorsque le monde qu’ils nous proposent nous parait vraiment trop « différent » du notre, nous pouvons être à peu près sûrs que la réalité le sera plus encore.
            Cet effort d’imagination, il semble que la génération, si décriée, qui s’apprête à nous succéder l’ait déjà largement entrepris. La révolte contre la trilogie métro-boulot-dodo, contre le carcan du confort douceâtre, l’affadissement du quotidien organisé, la mort insinuante des acceptations, ce sont nos enfants qui nous l’enseignent. Sauront-ils bâtir un monde où l’Homme sera moins à la merci de l’Homme ? »

Albert Jacquard
(in Eloge de la différence la génétique et les hommes Ed. du Seuil,
collection « Points sciences »

Mise en scène / Baptiste Isaia
Interprétation / Frédéric Ghesquière, Renaud Riga
Création des masques et costumes / Naïma Triboulet, Coralie Vanderlinden
musiques et création lumières / Dominique Brevers
sons / Stéphane Kaufeler
Scénographie / Stéphane Kaufeler, Anne Leclercq
Régie générale / Eugène Egle-Corlin

Contagieux est une production Pied’Alu théâtre, en partenariat avec la compagnie Pi 3,14 et avec le soutien du Ministère de la communauté Wallonie Bruxelles, de Théâtre et Publics, du Centre des Arts Scéniques, du fond ING de la fondation roi Baudouin, de la Province de Liège, de la commune de Comblain au Pont, du CPCR (Centre PolyCulturel de Résistance) et du Théâtre de la Place.
Créé en Avril 2006 au Théâtre de la Place (Liège) et repris en Août au Festival de Huy,

Contagieux
est actuellement disponible en tournée (voir Agenda)

 

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