
Au départ de ce collectif il n'y a que des acteurs, ce simple fait détermine considérablement la nature même de nos travaux et nous distingue peut-être de la plupart des autres équipes. Chacun de nos projet est le fruit de désirs d’acteurs, et place l’acteur (de théâtre mais aussi de la société et de son temps, comme artiste conscient et responsable) au centre du processus de création.
D'autre part, la compagnie Pied’Alu cherche en abordant des auteurs contemporains, un matériau qui lui permette de s’interroger sur des thématiques propres à notre époque (nous pensons que la singularité d’un phénomène est déterminée par son contexte, aussi, même s’il n’est pas impossible que dans le futur nous éprouvions le besoin de remonter aux origines, nous avons pour l’instant volontairement mis de côté le théâtre de répertoire).
Dans notre premier spectacle en 1999, avec Les vacances et Rixe de Jean-Claude Grumberg nous tentons de démonter les mécanismes d’un racisme moderne.
En nous attaquant en 2001, à une création collective : On aurait pu finir dans une chemise d’ange…, nous proposons aux acteurs de travailler sur les détresses et les espoirs de leur propre génération.
Plus tard, avec John et Joe de Agota Kristof (2003), nous tissons des liens entre la politique économique et la vie au quotidien en constatant directement les répercutions profondes que cette première peut avoir sur l’individu.
Depuis 2004, nous nous sommes rapprochés structurellement et artistiquement de la Compagnie Pi 3.14. Dans ce cadre nous avons participé à la création de l'Hebdo du Lundi (prod : compagnie Pi 3,14) un magazine théâtral d’actualité qui était réécrit chaque semaine en fonction des événements qui se déroulaient dans le monde et qui s'est joué tout au long de la saison 2004 – 2005, chaque lundi au Théâtre de la MeZZa Luna (Liège).
En 2006 nous avons monté Contagieux(public à partir de 8 ans) de Börje Lindström,
un spectacle sur l'exclusion. dans lequel Luc, un jeune garçon qui avait tout pour lui, voit en quelques secondes sa vie basculer. A cause d'une soudaine "tare" physique, il est emporté dans le cauchemar d'un parcours d'exclu semblable à celui de tous les "indésirables" de notre tendre société.En 2007 – 08 nous nous sommes relancés, aux côtés de Pi 3,14, dans l’aventure Hebdo du Lundi, il s’agissait cette fois d’un spectacle mensuel, qui s’appelait d’ailleurs Mensuel (prod : Pi 3,14) et qui a été joué tout au long de la saison au Théâtre de la Place, dans plusieurs Théâtre Bruxellois et en tournée en Wallonie.
En 2008 nous avons créé pour un public à partir de 10 ans, Pinok et Barbie de Jean-Claude Grumberg, un récit épique qui nous (mal)mène du confort rêvé de la chambre d’une petite fille occidentale au cauchemar bien réel des enfant du tiers monde et plus particulièrement des enfants soldats (Prix de la Province de Liège des Rencontre du Théâtre Jeune Public – Huy 2008).
Notre dernier spectacle, Ma Famille, révèle, à travers une sombre histoire de vente d’enfants, une société basée sur le commerce et la cupidité. Avec évidence, ce spectacle aborde une problématique à la fois ancestrale et résolument contemporaine. Un sujet qui, à n’en pas douter, touche, questionne, émeut, choque… et ne laisse jamais indifférent. En ce sens, Ma Famille rejoint notre désir de rencontrer des thèmes forts et pleinement inscrits dans notre temps, en proposant des choix artistiques et donc subjectifs, afin de susciter la réflexion, voire le débat (Prix Coup de Cœur du Festival Emulation – Liège 2008).
Dans chacun de ses spectacles, notre compagnie cherche à éveiller l’attention sur ce qui définit notre monde, en utilisant la force de ce que l’on est, à savoir des hommes et des femmes de théâtre ancrés dans des réalités temporelles, sociales et géopolitiques.
Nous sommes intimement convaincus que le théâtre reste un moyen des plus efficaces, et des plus ludiques pour se saisir de thématiques complexes (mais pas nécessairement compliquées) et les mettre à la portée d’un grand nombre de personnes, à commencer par la notre.





